Sarkozy s'attaque aux "quartiers les plus difficiles"

Sarkozy s'attaque aux "quartiers les plus difficiles"

Sarkozy s'attaque aux "quartiers les plus difficiles"

Aux dires de Nicolas Sarkozy, ce sont les quartiers les plus "criminogènes" de l'Hexagone. Les vingt-trois secteurs "exposés de façon récurrente aux violences urbaines" - dont huit sont en Ile-de-France - et où "la gendarmerie et la police ont le plus de mal à pénétrer". En présentant, mercredi 14 janvier, les statistiques 2003 de la délinquance, le ministre de l'Intérieur avait fait du retour de "l'Etat de droit" dans ces quartiers (voir liste ci-dessous) une "priorité". Lundi, le ministre est passé à la vitesse supérieure en réunissant, Place Beauvau, les préfets des dix-huit départements concernés

Nicolas Sarkozy a pris l'engagement de se rendre dans ces 23 secteurs "dans les trois mois" pour y rencontrer élus, acteurs de la prévention et forces de l'ordre.

La liste des 23(classé par departement)

- L'Ariane à Nice
- Valdegour et Pissevin à Nîmes
- Bellefontaine à Toulouse
- La Villeneuve à Grenoble
- Villefontaine (Isère)
- Vitry-le-François (Marne)
- Le Vert-Bois à Saint-Dizier (Haute-Marne)
- L'Alma à Roubaix (Nord)
- Bourgogne à Tourcoing (Nord)
- Le Haut de Creil (Oise)
- Noyon (Oise)
- L'Ousse des Bois à Pau (Pyrénées-Atlantiques)
- Hautepierre à Strasbourg
- Drouot à Mulhouse
- Rillieux-la-Pape (Rhône)
- Beauval à Meaux (Seine-et-Marne)
- Le Val Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines)
- La Cité des Indes à Sartrouville (Yvelines)
- Les Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne)
- Les Zanzillons à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine)
- La Rose des vents à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
- Orgemont à Epinay-sur-Seine (Seine-saint-Denis)
- Les Aviateurs à Orly (Val-de-Marne).

# Posté le lundi 02 mars 2009 23:02

Modifié le lundi 09 mars 2009 20:18

Le Q.G 1.7.9

Le Q.G 1.7.9
Autrefois, durant les bavardages des longues soirées au pied des tours, les bandes promettaient de faire un sort aux policiers. Ils s'exaltaient en groupe, dans la cité. Avec l'apparition des blogs, ces pages Internet que l'on crée d'un clic pour parler de soi, le délire de certains peut toucher tout le monde.

Au point d'inquiéter les Renseignements généraux qui, dans un rapport rédigé fin juillet que Le Figaro a pu lire, soulignent les liens entre des violences urbaines dans certains quartiers et les blogs des bandes locales. «Ce nouveau mode de communication entretient un climat de surenchère dans les délits à commettre – rébellions, incendies volontaires – permettant d'expliquer le regain simultané de tensions récemment enregistré dans l'agglomération de Roubaix», écrivent notamment les policiers.

En juillet, des membres de la bande «QG 179» de la cité de l'Alma à Roubaix (Nord) – un des 25 sites pilotes désignés par le ministère de l'Intérieur – ont brûlé des véhicules, agressé des passants et perturbé les cérémonies de la fête nationale qui se sont terminées par une course-poursuite avec les forces de l'ordre.
Présentées comme des trophées, les photos de voitures en flammes sont apparues sur les blogs... «C le premier grand feu ke g fé. Yé mortel non ?», se vante un internaute dénommé Bad loc the suicide, dans le langage phonétique prisé des jeunes. Trois filles enthousiastes s'empressent de le féliciter.

Les actes de délinquance offrent l'occasion de se faire un nom sur la Toile. Des adolescents plastronnent, le visage parfois dissimulé, des armes à la main. Tandis que les bandes rivales s'envoient des avertissements par blogs interposés dans une guerre des cités qui fait régulièrement des blessés.

Ces pages n'abritent pas que des messages de violence. On y trouve, à côté des poses de caïds, des belles voitures, des photos de famille, des messages mièvres. Mais comme un refrain, les menaces contre les policiers fleurissent partout.

Certains diffusent même des informations sensibles. Un blog révèle ainsi le type de véhicule et les numéros d'immatriculation privés des policiers de la BAC. Les blogs divulguent ainsi à un grand «nombre de délinquants les techniques policières, montrent l'intérieur des commissariats, les visages des policiers, et constituent un danger certain pour les fonctionnaires», s'alarment encore les RG.

«Le monde virtuel compte autant de problèmes que le monde réel», reconnaît Pierre Bellanger, le PDG de Skyrock, véritablement architecte de cette cyberplanète pour ados. Dès 2002, ce groupe de médias a senti l'extraordinaire engouement pour ces pages personnelles aussi faciles à poster qu'un mail. Il revendique aujourd'hui 2,5 millions de blogs hébergés sur son site. Pour limiter les contenus illégaux, une quinzaine de personnes surveillent, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les dizaines de milliers de blogs qui naissent chaque jour, «soit 400 000 à 500 000 articles supplémentaires», détaille Jérôme Aguesse, le directeur de production.

L'entreprise a mis en place un triple filtrage. L'ordinateur pointe d'office les pages contenant des mots clés comme nazi, naz, qui sont ensuite relues. L'équipe de surveillance vérifie également le contenu de blogs dénoncés par les internautes. En effet, 100 à 200 messages envoyés par des «cybercops» (des internautes vigilants) parviennent tous les jours à Skyblog. Enfin, les responsables se livrent à un examen méticuleux des photos et vignettes, pour éviter notamment toute image pédophile. Moins de 1% des blogs sont finalement épinglés. Au grand dam des policiers qui prônent un tri plus sévère et soulignent les dangers des sites les plus violents.

# Posté le lundi 02 mars 2009 23:03

Modifié le lundi 09 mars 2009 20:21

Incendie d'une société de fabrication d'enseignes publicitaires, Gozet publicité, dans le quartier de l'Alma à Roubaix.

Incendie d'une société de fabrication d'enseignes publicitaires, Gozet publicité, dans le quartier de l'Alma à Roubaix.
– C'était la consternation hier matin autour de ce qui restait d'un atelier et de bureaux d'une société de fabrication d'enseignes publicitaires, Gozet publicité, dans le quartier de l'Alma à Roubaix. Samedi en milieu de soirée, un engin de travaux publics auquel on avait mis le feu a été poussé contre la façade de la société hébergée dans un hôtel d'entreprises. Résultat : 700m² détruits. Du côté de la direction comme chez les neuf salariés, c'est l'incompréhension. «On venait d'embaucher quelqu'un du quartier. On devait en embaucher un autre... mais maintenant...» La société devrait rapidement reprendre le travail... sans doute ailleurs

# Posté le lundi 02 mars 2009 23:04

Modifié le lundi 09 mars 2009 21:09

L'intervention contre les fanatiques de Roubaix

L'intervention contre les fanatiques de Roubaix
L'assaut fut violent:
Le 29 mars 1996

À 6h15, la porte du 59 Carette dans le quartier de l'Alma à Roubaix vole en éclats. Un pain de plastic l'a soufflée. Les «super-flics» s'engouffrent dans le couloir béant. Ils ne vont pas loin. Un des occupants de la maison, posté dans le hall, ouvre aussitôt le feu à la Kalachnikov et perfore le poumon d'un policier à travers le gilet pare-balles, avant d'être tué en retour. Depuis l'étage, trois comparses jettent une grenade au rez-de-chaussée. Un homme du RAID reçoit des éclats à la cuisse. Les policiers cagoulés et vêtus de noir reculent. Le feu se déclare.

Les assaillis tirent et hurlent qu'ils ne se rendront jamais. Le RAID lance alors des grenades lacrymogènes et riposte au coup par coup au tir nourri des adversaires, qui les arrosent de salves d'armes automatiques. L'incendie se propage toujours. Le plancher du 1er étage s'écroule. Puis la toiture.

Sous les décombres, les policiers découvrent quatre corps, mais pas celui de Zemmiri. Ils trouvent aussi quatre Kkalachnikov, trois pistolets-mitrailleurs anglais Sten et israélien Uzi, deux pistolets automatiques, des grenades, des munitions ainsi que des documents islamiques à moitié carbonisés.

Les autres membres du groupe de Roubaix, logés dans d'autres lieux, prennent la fuite. Alertés, les gendarmes belges procèdent à un contrôle routier. Vers 11h40, ils arrêtent une Peugeot 305. Les deux occupants ouvrent le feu. Les policiers ripostent. Ils tuent le passager: il s'agit de Christophe Caze. Son complice, Omar Zemmiri, s'enfuit à pied et entre dans la villa cossue d'un dentiste. Là, il prend en otages deux femmes. Blessé, il finit par se rendre.

La fouille de la Peugeot 305 amène la découverte d'un impressionnant arsenal, composé en partie d'armes yougoslaves, et même d'armes antichars. La police belge est sur les dents: quelques mois auparavant, en fouillant un militant du GIA algérien, elle a trouvé une disquette informatique contenant un manuel de 8000 pages expliquant comment faire exploser des immeubles, des ponts et des monuments publics. Le manuel commençait par une dédicace à Oussama ben Laden.

Mais c'est la fouille du cadavre de Christophe Caze qui se révèle la plus intéressante. Le leader du «groupe de Roubaix» avait avec lui un agenda électronique. Et dans cet agenda figure un numéro de téléphone de Montréal avec la mention «FATEH-CAN». De l'aide est demandée à la Gendarmerie royale du Canada. La GRC découvre rapidement que le numéro de téléphone est celui de Mohamed Omary. Ce dernier a assuré à La Presse, lors d'un entretien en octobre dernier, qu'il n'a pas connu Christophe Caze. Mais comme il était bon ami de Fateh Kamel, la police conclut qu'on pouvait rejoindre le fameux «FATEH-CAN» en passant par lui.

Les policiers français ouvrent un dossier sur le «gang de Roubaix». Le groupe est composé de neuf hommes. Quatre sont morts lors de l'assaut, rue Henri-Carette. Christophe Caze est décédé en Belgique. Son compagnon Omar Zemmiri est détenu par la police belge. Trois autres sont en fuite: Lionel Dumont, Mouloud Bouguelane et Hocine Bendaoui. C'est justement leur fuite qui révélera l'importance de la cellule montréalaise de Fateh Kamel.

# Posté le lundi 02 mars 2009 23:10

Modifié le lundi 09 mars 2009 20:24

On comptait en 2001 dix neuf quartiers "hyper-sensibles" répartis dans toute la France

On comptait en 2001 dix neuf quartiers "hyper-sensibles" répartis dans toute la France
En mars 2002, Olivier Foll, avançait ces chiffres : « Il y a 834 zones de non-droit sur
notre territoire. Des quartiers dits " sensibles". 834 ghettos dans lesquels la
hiérarchie administrative recommande aux forces de police de ne plus intervenir de
manière à ne pas provoquer de remous. »
L'état des lieux des quartiers réalisé en mars 1999 par la DCRG faisait état de 174
quartiers où ont eu lieu dans l'année des « violences plus ou moins graves, plus ou
moins préméditées, contre la personne des policiers ».
De même, Lucienne Bui-Trong affirmait : « De 106 points chauds identifiés en 1991,
on est passé à 818 quartiers sensibles en 1999 ».
Selon Xavier Raufer : « En 1993, la Direction Centrale des Renseignements Généraux
annonçait que 485 quartiers étaient "sérieusement touchés par les violences
urbaines". En 1998, c'était 818 quartiers. Fin 2000 (officieusement) des experts du
ministère de l'Intérieur disaient le cap des 1000 franchi. On en était à plus de 1100 en
2001. »

On comptait en 2001 dix neuf quartiers "hyper-sensibles" répartis dans toute la France.

liste est la suivante :

Toulouse (31) : Bagatelle, Le Mirail, La Reynerie, Bellefontaine, Empalot.
Roubaix (59) : Alma-Gare,Epeule
Hem (59) : Les Hauts-Champs
Pau (64) : L'Ousse-des-Bois
Mulhouse (68) : ZUP de Bourtzwiller
Dammarie-les-Lys (77) : La Plaine-du-Lys
Mantes la jolie (78) : Val-Fourré
Amiens(80) : ZUP nord
Corbeil-Essonne (91) : Les Tarterêts
Grigny (91) : La Grande Borne
Antony (92) : Grand Ensemble
Bagneux (92) : Les Blagis, Les Tertres
Montfermeil (93) : Les Bosquets
Fontenay-sous-Bois (94) : La ZUP
Cergy (95) : Saint-Christophe


Cette liste ne comprend que les quartiers en état de sécession quasi-permanente, c'est
à dire où, à aucun moment de la journée, la police, les pompiers ou même un livreur de
pizzas ne peuvent entrer sans risquer de se faire agresser.

# Posté le lundi 02 mars 2009 23:12

Modifié le lundi 16 mars 2009 21:21